Qui sommes-nous ?

Le Collectif Vent d’assos est un collectif informel de citoyen.ne.s bénévoles ou salarié.e.s d’associations, ou simples personnes concernées par le rôle que les associations jouent dans notre société.

La coordination du collectif est assurée par des personnes motivées, sur leur temps libre.


La description ci-dessous est issue de l’interview du Collectif Vent d’assos par “Ici Grenoble” la veille de la mobilisation du 1er avril 2017

Comment est née cette initiative inter-associative, et qui la porte ?

Plusieurs associations se sont rencontrées lors de différentes réunions courant 2016, l’idée est née des échanges que nous avons eu à partir du constat des difficultés que nous partagions, notamment vis-à-vis du nouvel exécutif régional : absence de réponses à nos demandes de rendez-vous avec les différents vice-président.e.s, pas de visibilité sur nos demandes de subventions pourtant transmises fin 2015 (et ce jusqu’en juin ou octobre pour certaines associations), pas de respect des conventions pluriannuelles d’objectifs,  pas de vision claire des nouvelles orientations politiques, licenciements dans certains associations qui perdaient des subventions,…

Nous souhaitons notamment montrer que les associations sont solidaires entre elles (qu’elles soient directement impactées ou non), et montrer que le secteur associatif est une force qui peut s’allier, se rassembler et se mobiliser collectivement. Et mettre en lumière tous les services d’intérêt général que rendent ces associations qui risquent de disparaître si elles ne sont plus soutenues.

3 à 4 associations ont donc décidé d’organiser une première réunion le 20 janvier en diffusant largement un appel (que vous trouverez en pièce jointe dans le Compte-rendu de cette première réunion), plus de 120 personnes se sont signalées comme étant intéressées, et 52 sont venues physiquement participer. Cette mobilisation répondait visiblement à une attente partagée par de nombreuses associations. On compte désormais plus de 100 associations dans le collectif et nous ne souhaitons pas afficher les structures en tant que telles, mais plutôt les personnes, salarié.e.s ou bénévoles concernés.

Pourriez-vous nous dresser un bilan des politiques menées par le
conseil régional envers les associations ? Avez-vous par exemple une
liste des associations impactées par une réduction ou une suppression de
subventions ?

Un liste des associations impactées est difficile à faire de manière exhaustive, et toutes les associations n’ont pas décidé de communiquer sur leurs baisses (craignant des conséquences encore plus lourdes pour les années à venir si cela baissait encore) mais on a déjà identifié des baisses dans les associations suivantes : CADR (Collectif des Associations de Développement en Rhône-Alpes), UNAT (Union Nationale des Associations de Tourisme en Rhône-Alpes),  Transfo (Agence régionale de développement culturel en Auvergne), le GRAINE Rhône-Alpes (Réseau régional pour l’éducation à l’environnement), les réseau INPACT et globalement les structures de promotion de l’agriculture bio et de l’agriculture paysanne, la FRAPNA (Fédération RA de protection de la nature), la LPO (Ligue de protection des oiseaux), le Ciné Duchère, le Croiseur, les radios associatives non commerciales, la NACRE (Agence du spectacle vivant en Rhône-Alpes), l’ARALD (Agence Régionale pour le livre et la documentation), la MRIE (Maison régionale d’information sur l’exclusion), les CIDFF (Centres d’information sur le droit des femmes et des familles), La Cimade, Moutain Wilderness, Artisans du Monde, Les festivals de cinéma LGBT Ecrans mixtes, Face à face, SOS Racisme, La Cimade … Cette liste incomplète donne le vertige !

Quelle est l’idéologie politique qui explique ces choix du Conseil
régional ? Avez-vous par exemple un florilège de déclarations marquantes
de Laurent Wauquiez ou de ses adjoints concernant les associations ?

Sur l’idéologie politique, difficile de vous répondre, il ne s’agit que de nos perceptions, cette idéologie politique n’ayant jamais réellement été formulée…

La position générale de l’exécutif régional vis à vis des associations et des corps intermédiaires n’est pas formulée en tant que telle, mais le fait de ne pas établir de contact avec celles et ceux qui portent une transformation sociale à travers le fait associatif est en soi une position politique qui a eu des conséquences quasi immédiates (emplois supprimés notamment, suppression de services rendus par les associations aux populations, incapacité des associations à se projeter dans le temps…). Comme l’avaient souligné les acteurs de la solidarité internationale dans une Tribune en juillet : “Il est légitime pour un nouvel exécutif d’affirmer ses choix et de les traduire dans les politiques publiques, mais les décisions prises depuis janvier, sans évaluation préalable des actions appuyées et sans dialogue aucun avec les acteurs concernés, sont brutales sur la forme et lourdes de conséquences sur le fond”. 

Ce qui est sûr c’est que les conséquences de leurs décisions affaiblissent les lieux d’intelligence collective et d’expression citoyenne que sont les associations, ainsi que les fédérations, réseaux ou plateformes régionales à travers lesquelles la société civile s’est organisée depuis des années.

Nous n’avons pas de florilège de déclarations marquantes, ils n’ont pas fait de déclarations spécifiques sur “les associations ” ou le secteur associatif à notre connaissance. Il y a bien ce type de phrase prononcées par Laurent Wauquiez ou ses vice-présidents (ici Philippe Meunier)  “il y a deux façons de voir la ruralité, la préservation de la biodiversité, l’aménagement du territoire : soit on le voit du côté des bobos des villes, soit on discute avec les acteurs du monde rural qui connaissent le territoire parce qu’ils le pratiquent tous les jours et tous les week-ends lorsqu’ils chassent.” Ces déclarations créent des clivages sans fondement entre des acteurs qui coopéraient jusque-là…

Y-a-t-il certaines associations qui, au contraire, voient leurs
budgets fortement augmentés ? Par exemple des associations religieuses,
ou contre le mariage pour tous, ou des associations de chasse ?

Nous avons du mal à le savoir (à part pour les fédérations de Chasse et de Pêche qui ont effectivement obtenu chacune 3 millions d’euros sur les 3 prochaines années), normalement les attributions de subventions doivent être publiées sur le site de la Région, nous vous invitons à les consulter.

Pensez-vous que la mobilisation du premier avril puisse infléchir les
politiques du Conseil régional ? D’autres actions sont-elles envisagées
?

Nous espérons à travers la mobilisation du 1er avril alerter les citoyens sur ce qu’il se passe et la situation dans laquelle se trouvent les associations de manière générale. Nous espérons que la couverture médiatique et notre présence devant l’Hôtel de région, nous permettront à minima de rétablir le dialogue entre les associations et le Conseil régional Auvergne Rhône-Alpes. Nous rejoignons aussi l’Appel des Solidarités lancé hier au niveau national et nous invitons tous les habitants d’Auvergne Rhône-Alpes à répondre Présents avec nous le 1er avril !